Un quatrième lamantin a rejoint Edenya
Désormais composé de quatre mâles, le groupe pourrait bientôt s’agrandir avec l’arrivée de femelles

Il y a quelques mois encore, aucun lamantin ne vivait en Belgique. Ils sont aujourd’hui quatre à évoluer dans les eaux d’Edenya. Pepino, jeune mâle de trois ans né au ZooParc de Beauval (France), vient de rejoindre Cuango, Ambroży et Alùs. Pairi Daiza espère bientôt contribuer à la reproduction de cette espèce classée « Vulnérable » par l’UICN.
Au printemps dernier, Cuango et Ambroży devenaient les premiers lamantins accueillis à Pairi Daiza, et les premiers représentants de leur espèce en Belgique. Alùs les rejoignait quelques jours plus tard. Avec l’arrivée de Pepino, ils sont désormais quatre jeunes mâles à évoluer dans les bassins d’Edenya.
Né le 17 avril 2023 en France, Pepino partage avec Cuango un petit morceau d’histoire commune : les deux jeunes mâles ont le même père. Mais c’est avec Alùs, qui a presque le même âge que lui, que l'équipe mammifères marins de Pairi Daiza va organiser les premiers contacts.
"L'intégration de Pepino va se faire progressivement, en respectant le comportement et le rythme de chacun. Nous avons choisi de commencer par une mise en contact avec Alùs : ils ont sensiblement le même âge et Alùs se tient actuellement plus souvent à l’écart des deux mâles plus âgés. L’idée est d’observer comment leur relation évolue avant d’élargir progressivement les contacts au reste du groupe", explique Myriam Weiss, Chef d'équipe Mammifères marins, à Pairi Daiza.
Un groupe pour la conservation de l’espèce
Cuango le 10 avril, Ambroży le 17 avril, Alùs le 25 avril et aujourd’hui Pepino : la constitution progressive de ce groupe répond aux recommandations du programme européen consacré au Lamantin des Caraïbes, espèce classée « Vulnérable » par l’UICN.
Une nouvelle étape est désormais espérée : Pairi Daiza souhaite pouvoir accueillir prochainement des femelles, toujours dans le cadre des recommandations et des transferts coordonnés entre institutions zoologiques européennes.
L’objectif est de permettre au groupe d’évoluer et, lorsque toutes les conditions seront réunies, de contribuer à la reproduction et à la préservation à long terme de l’espèce.
Les quatre jeunes mâles disposent à Edenya d’un bassin d’eau douce de 4.000 m³.
Protéger les lamantins dans leur milieu naturel
Préserver une espèce ne consiste pas seulement à prendre soin des individus accueillis à Pairi Daiza. Son avenir se joue aussi dans la nature.
En 2024 et 2025, la Fondation Pairi Daiza a soutenu, aux côtés de l’Université de British Columbia et du Tiergarten Nürnberg, un programme de recherche destiné à identifier les habitats essentiels au Lamantin des Caraïbes et les zones où les efforts de conservation doivent être concentrés.
En 2025, près de 1.900 données de présence ont été compilées afin de cartographier les habitats favorables. Ces travaux ont notamment permis d’identifier des secteurs particulièrement importants autour des estuaires, des embouchures de fleuves et de certaines zones côtières peu impactées par les activités humaines.
Derrière ces 1.900 données, il y a un enjeu bien vivant : savoir quels territoires protéger pour que les lamantins puissent continuer à y vivre, se nourrir et se reproduire.
À Edenya comme dans la nature, préserver les lamantins, c’est aussi préserver les lieux dont dépend leur avenir.
Claire Gilissen





